REDEPLOIEMENT DU PERSONNEL ENSEIGNANT : Les lignes ont commencé à bouger !

"Le système éducatif burkinabè connait un excédent d’enseignants et souffre d’une inégalité de répartition géographique de son personnel. Le redéploiement de ce personnel est une nécessité absolue et Ouaga FM en a fait un sujet de plaidoyer. Fort heureusement que les lignes ont commencé à bouger sous l’impulsion du ministre de l’Education nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales (MENAPLN), Pr Stanislas Ouaro. "

Plus question de parler de déficit d’enseignant au Burkina Faso pour justifier les problèmes rencontrés dans l’éducation surtout au primaire. Il y a même un sureffectif d’enseignants pratiquants et c’est le ministre lui-même qui l’avoue. « Nous avons 50 124 salles de classes recensées au primaire public, l’effectif des enseignants en classe est de 68 088 agents donc 18.000 de plus, tandis qu’au même moment, on enregistre un manque d’enseignants dans certaines écoles », a indiqué le Pr Stanislas Ouaro au micro de Ouaga FM.

index&
Au secondaire le problème se pose autrement,  pas de sureffectif mais le système souffre d’une sous-exploitation des enseignants recrutés.  « Des enseignants des lycées et collèges qui sont affectés dans des établissements et qui ne font que deux (2) heures par semaine de cours alors qu’ils doivent 22 heures par semaine à l’Etat. Tandis que dans certaines zones, des professeurs sont en surplus d’heures de travail », confie le ministre à Oauga FM.

 

Face a une telle situation, le MENAPLN s’est lancé dans une vaste opération qui devrait aboutir  à une utilisation plus rationnelle du personnel enseignement, en perspective un redéploiement plus conséquent des agents mais déjà le ministre en charge de l’éducation a décidé de suspendre les affectations pour convenance personnelle. « Les textes réglementaires  prévoient deux voies d’affectations, il y a les affections pour convenances personnelles qui sont à l’initiative de l’agent et au regard de la taille du ministère, nous avons pris une circulaire pour mettre fin à ce mouvement national cette année afin  de pouvoir passer par la deuxième voie qui est celle de nécessité  de service », affirme le Pr Stanislas Ouaro.
Parallèlement le ministère est sur le point de conduire une vaste opération de redéploiement du personnel enseignant notamment des villes vers les campagnes, et cela va se passer suivant un guide et une feuille de route  qui ont été élaborés à Koudougou à l’issue d’une large concertation de 21 jours ayant réuni tous les acteurs du système éducatif y compris les syndicats.

index

La commission a prévu trois cas où l’agent ne peut être redéployé, il s’agit des titulaires de classes, un ancien enseignant qui est à 5 ans de la retraite, et ceux  qui sont affectés pour des raisons de santé.
Les acteurs du monde éducatif s’accordent à reconnaitre que la mise en œuvre de la feuille de la route issue de la rencontre de Koudougou va permettre à coup sur de résorber progressivement cette inégale répartition des enseignants au Burkina Faso.  Le ministre Stanislas Ouaro  rassure que tout est désormais verrouillé, plus personne,  même pas le ministre, ne peut intervenir pour faciliter l’affectation d’un proche vers une localité souhaitée.
Le processus est donc enclenché, irréversiblement vers une meilleure utilisation des ressources humaines au MENAPLN et surtout vers un redéploiement du personnel dormant.

En rappel, ce redéploiement du personnel enseignant en nombre pléthorique dans les villes a été un sujet de plaidoyer  de la radio Ouaga FM en collaboration avec Media fundation for West Africa (MFWA)et le Centre national de presse Norbert Zongo. Toutes ses structures engagées pour la bonne gouvernance se félicitent d’avoir été entendues par le gouvernement du Burkina et elles s’engagent   également à suivre le processus jusqu’à son terme.   Aimé SAWADOGO et Paul Miki ROAMBA.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *