RDC : nouvelle attaque de la prison de Makala repoussée, situation confuse à Kinshasa

"Selon des sources sécuritaires concordantes, des tirs ont été entendus ce lundi matin aux alentours de la prison de Makala, à Kinshasa. Une nouvelle attaque du centre pénitentiaire aurait été repoussée, mais la situation demeure confuse dans certains quartiers de la capitale de la RDC. "

Ces derniers mois, des attaques se multiplient et se ressemblent, à Kinshasa ou ailleurs. Moins de trois mois après l’évasion spectaculaire à la prison de Makala (près de 5 000 détenus avaient pris la fuite, selon notre décompte), le principal centre pénitentiaire de la capitale congolaise a été ce lundi 7 août la cible d’un nouvel assaut.

« Nous avons entendus des tirs », a confirmé à Jeune Afrique  une source au sein de Makala. À l’en croire, des assaillants se sont affrontés aux militaires positionnés tout autour de la prison. Mais ils n’ont pas pu, pour l’instant, pénétrer dans l’enceinte où règne un « calme précaire », selon des témoins.

L’ombre de Ne Muanda Nsemi plane sur Kinshasa

Dans les quartiers environnants, la situation demeure très confuse, notamment à Tshangu, district situé dans l’est de Kinshasa. Vers l’Université pédagogique nationale (UPN), plus à l’Ouest, un groupe de personnes, hommes et femmes, est descendu dans les rues brandissant une banderole sur laquelle on pouvait lire « Le Congo aux Congolais, le Rwanda aux Rwandais ». Invitant ainsi le président Joseph Kabila, qu’ils appellent « Hippolyte Kanambe », à quitter le pays.

« Ces écrits aperçus sur la banderole sont trop proches de la rhétorique de Ne Mwanda Nsemi », a déduit une source officielle qui a requis l’anonymat. Un mois et demi après son évasion, le chef de la secte politico-mystique Bundu dia Kondo (BDK) avait refait une apparition dans une vidéo diffusée sur YouTube. Ce jour-là, le gourou lançait un ultimatum aux Rwandais « qui travaillent pour la colonisation du Congo » de quitter la RDC avant le 7 août.

Selon les sources sécuritaires locales, une intervention des forces de sécurité est en cours pour « rétablir de l’ordre » dans toute la capitale. Les riverains signalent toutefois des activités « timides » au centre-ville. Une seule chose est sûre : la psychose gagne progressivement Kinshasa à la veille des journées du 8 et du 9 août, déclarées « villes mortes » par le Rassemblement de l’opposition.