POINT DE PRESSE DU CFOP 05 JUIN 2018

"Déclaration liminaire ! Bonjour Mesdames et Messieurs les journalistes ! C’est un honneur pour nous de vous retrouver dans la maison commune de l’Opposition politique pour échanger sur les actualités qui ont marqué la semaine."

Le point de presse de ce jour va porter sur trois (03) grands thèmes, à savoir :

I-Les saisons pluvieuses et le début de la campagne agricole ;
II-Les examens et concours 2018 ;
III-La situation politique.

Sur le premier point de l’ordre du jour, l’Opposition politique a appris avec une grande tristesse que les pluies de ces derniers jours ont causé la mort de cinq personnes au quartier Bassinko de Ouagadougou, et créé des dégâts matériels à l’intérieur du pays. Nous présentons nos sincères condoléances aux familles des victimes.
Cette année, l’Agence nationale de météorologie prévoit de fortes quantités d’eau pour notre pays. C’est une bonne nouvelle, en ce qu’elle augure d’une bonne campagne agricole. L’Opposition invite néanmoins le Gouvernement à mettre tout en œuvre pour empêcher que le cas de Bassinko ne se répète. Cela passe par des travaux d’entretiens en urgence, dans les localités et sur les routes dont les infrastructures ne répondent plus aux normes de qualité.
En ce début de campagne agricole, nous formulons nos vœux de succès et de « Kossongo» aux braves paysans du Burkina Faso. Que cette saison soit celle de l’abondance et de la satiété, et qu’elle soit meilleure que la précédente!
Ce sont les agriculteurs et les éleveurs qui nourrissent les Burkinabè. Ils constituent la grande majorité des citoyens. C’est pourquoi l’Opposition exhorte le Gouvernement à prêter une oreille attentive aux demandes émanant des organisations des secteurs agricoles et pastorales. A moyen terme, il faut révolutionner la pratique de l’agriculture et de l’élevage dans notre pays, pour atteindre l’autosuffisance alimentaire et créer de nouvelles formes d’entrepreneuriats en milieu rural.
Cependant, nous notons l’absence d’une politique agricole maitrisée à cette fin. En effet, il est fort déplorable que les fruits de la recherche de la CNRST n’ont pu être vulgarisés et mis au profit de nos braves paysans. Ces milliards dépensés pour les recherches nous semblent dilapidés.
Aussi, nous constatons que la distribution gratuite des semences améliorées qui permettait aux agriculteurs d’avoir une productivité importante opérée de 2010 à 2014, semble être jetées aux oubliettes.

Sur le deuxième point de l’ordre du jour, l’Opposition politique a déjà dénoncé la réduction de 40 pourcent des postes à pourvoir dans la fonction publique cette année. C’est un recul grave puisque le Gouvernement du MPP ne fait rien de sérieux pour promouvoir l’auto-emploi des jeunes et une véritable émergence des petites et moyennes entreprises.
En effet, le Gouvernement n’offre pas d’autres choix aux jeunes diplômés ou qualifiés, pourtant fer de lance du développement et avenir de notre Nation. Rien n’est fait pour aider le secteur privé à se développer afin d’absorber le trop plein de jeunes diplômés qui cherchent emploi. Malgré leur amour pour leur patrie et leur refus d’immigrer, les jeunes sont laissés à eux-mêmes et livrés à la délinquance, ce qui n’augure pas d’un lendemain serein pour notre cher pays.
Au regard du nombre de plus en plus croissant de candidats aux concours de la fonction publique, nous suggérons que, dès l’année prochaine, le Gouvernement mise sur la déconcentration des lieux de dépôts dans les chefs-lieux de provinces et sur une inscription en ligne simple et fluide, afin d’éviter à nos filles et fils le calvaire des dépôts de dossiers.
Aussi, le délai de dix jours pour le dépôt des dossiers s’avère très court. L’Opposition demande donc de prolonger ce délai d’au moins une semaine, pour permettre au maximum de candidats de pouvoir postuler aux concours.

Mesdames et Messieurs les journalistes,
Les examens scolaires auront lieu bientôt, sur toute l’étendue du territoire national. Nous souhaitons beaucoup de chance et de courage aux candidats. En outre, l’Opposition politique s’inquiète du sort des élèves du Sahel. Leurs cours ont été perturbés par des attaques à répétitions. Leurs enseignants ont été parfois contraints de quitter leurs postes sous la menace terroriste. Beaucoup d’élèves et leurs parents ont dû fuir leurs villages, et des écoles ont fermé. Le Gouvernement avait annoncé des mesures, sans suite. Les élèves avaient, eux, demandé en vain une prolongation des dates examens. Face à ce problème crucial, l’Opposition demande au Gouvernement de prendre des dispositions d’accompagnement des élèves du Sahel. Ces mesures sur les plans pédagogique, psychologique et matériel, doivent s’étendre au-delà des examens scolaires, car c’est l’avenir de tout un pan de la jeunesse burkinabè qui est en jeu.L’Opposition propose également au Gouvernement d’instituer une bourse spécifique pour les élèves du Sahel admis à l’entrée en 6ème et à l’entrée en 2nde.
Mais le défi prioritaire reste un engagement ferme de l’Etat de faire taire les armes dans cette partie de notre territoire, pour permettre aux populations de vivre dans la sérénité et dans la quiétude.

Au sujet de a situation politique nationale, nous notons que le vendredi 02 juin dernier, l’Assemblée nationale, après des débats en commission, a soumis au vote un projet de loi révisant le statut de l’Opposition. Ce projet, faut-il le rappeler, a été initié par le Gouvernement. Mais, c’est justement au moment du vote que les députés de la Majorité ont choisi de boycotter le texte. L’Opposition parlementaire a soutenu ce projet initié par le Gouvernement et visant à combler un vide juridique. En tant qu’opposition républicaine, si le gouvernement soumet à l’assemblée nationale un projet de loi qui nous parait correct, nous le votons. Or, il se trouve que le Gouvernement et sa majorité ont eu des divergences publiques sur la question. Ce projet a été soumis à toutes les commissions indépendantes. Il a fait l’objet d’une discussion en plénière. C’est au moment de passer au vote que la majorité a changé d’avis et demander le retrait du texte. C’est contre cela que l’opposition a protesté. Nous ne comprenons pas cette manière de travailler. Un gouvernement peut retirer un texte, mais il ne peut pas le faire au moment de passer au vote. Pourquoi ne l’avoir pas fait après le travail en commission ? Cet incident pose des questions politiques :
– Soit le gouvernement s’est concerté au préalable avec sa majorité, et si tel est le cas, la majorité a choisi d’humilier son propre gouvernement. Si elle ne voulait pas voter le texte, elle aurait pu le dire plus tôt.
– Soit le gouvernement ne s’est pas concerté avec sa majorité, et cela pose un problème dans la conduite des affaires du pays.
Toujours dans le registre parlementaire, la loi portant code pénal a été votée le 31 mai dernier. Pour l’Opposition, l’ancien Code pénal ne répondait plus aux exigences actuelles liées à la criminalité. Cependant, la loi a été élaborée avec une grande précipitation, si bien qu’elle comporte de sérieuses insuffisances :
– Certaines dispositions du Code en question ne reflètent pas nos réalités.
Exemples : l’article 256-1 qui incrimine toute personne qui inhume une personne décédée « sans permis délivré par l’officier de l’état civil » s’avèrerait inapplicable dans le contexte burkinabé ;
l’article 512-38 qui excuse le meurtre commis par le conjoint en cas de flagrant délit d’adultère au domicile conjugal est en inadéquation avec notre Constitution qui protège la vie humaine ;
l’article 513-2 alinéa premier qui traite du rapt alors qu’il constitue une valeur pour certaines ethnies de notre pays.
-Un code de procédure pénale devrait normalement accompagner le code ;
-Le quantum des peines constitue des risques de surpopulation du milieu carcéral, alors que nos prisons ne répondent déjà pas aux normes internationales de respect de la dignité humaine ;
– La question de l’incrimination de l’homosexualité n’a pas été prise en compte par le projet de code ;
– La question de l’incrimination du client de la prostituée n’a pas non plus été prise en compte.

– L’on note l’absence de certains acteurs clés que sont les praticiens du droit (les avocats et les magistrats) et même la chefferie coutumière lors de l’élaboration du présent projet de Code pénal.

Par ailleurs, le projet de Constitution de la Vème République, prévoit à son article 5, l’abolition de la peine de mort. Cette question a fait couler beaucoup d’encre et de salive, tant au niveau de la commission constitutionnelle qu’au niveau des régions. La question n’ayant pas été définitivement tranchée, il serait judicieux d’attendre l’adoption de la Constitution.
La peine de mort est suffisamment importante pour être évacuée par l’adoption d’une loi portant Code pénal.
En outre, pour la sécurité juridique des citoyens burkinabè et de tous ceux qui nous font l’amitié de vivre sur notre sol, il nous faut observer strictement les principes généraux du droit et les conventions auxquelles notre pays a souscrit, dans le processus d’élaboration et d’adoption des lois et règlement qui vont régir notre société. Il est impératif de redonner confiance à tous les citoyens, en évitant de faire des lois qui ciblent des individus ou des situations individuelles.

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