OUAGA 2000 : Quand des mendiants jouent aux policiers !

"Ouagadougou, 14 mai 2018. Il est 10 heures 10 minutes. Nous sommes à l’intersection des avenues Pascal Zagré, Norbert Zongo et le boulevard de l’insurrection populaire. Les feux tricolores cessent de fonctionner. Pas de policiers sur les lieux ; pas de VADS non plus pour réguler la circulation à cette heure où les rues grouillent de monde. C’est alors qu’un groupe de mendiants décide de jouer aux régulateurs de la circulation"

Pour ce faire, ces talibés se débarrassent momentanément de leurs boîtes de tomate rouge. Ils se dotent de branchettes fraîches cueillies sur place et s’en servent pour tenter de faire circuler les passants de façon alternée. En retour, de temps en temps, ils tendent leurs boîtes de tomates, espérant récolter quelques pièces de francs CFA auprès des automobilistes et des motocyclistes.

31589994_1754386227961020_655414676544290816_nCes évènements, rappelons-le, se déroulent à Ouaga 2000, le quartier le plus huppé de la plus grande ville du Burkina. Et cela pose, de notre point de vue, trois problèmes :

L’image de la ville capitale du Burkina se trouve tout à fait ternie par une telle pratique sur les voies publiques.

L’autorité de l’Etat est ici mise à mal par cette pratique qui est une sorte de pépinière de l’incivisme.

La sécurité routière est l’affaire des seuls spécialistes. C’est d’ailleurs pour cela que mêmes le VADS sont formés avant d’être déployés sur les carrefours.

Il est donc important d’agir. L’idéal, c’était de faire en sorte que les feux tricolores fonctionnent de façon permanente pour éviter de tels spectacles. A défaut de cela, il est impératif de trouver d’autres mécanismes humains de régulation de la circulation routière. Dans tous les cas, le code de la route dit qu’à défaut de toute signalisation dans une intersection, il faut appliquer la règle de la priorité à droite. Dans aucun code, il n’a été fait mention de mendiants auxquels il faut obéir en cas de panne ou de non-fonctionnement des feux tricolores. Mais malheureusement, à Ouagadougou, l’on ne trouve personne pour dire à ces mômes qu’ils n’ont pas leur place à ces carrefours ; qu’ils n’ont pas le droit de se substituer aux policiers. Il faut sauver l’image de la ville Ouagadougou ! L’autorité municipale est fortement interpellée!

Par Paul-Miki ROAMBA /Ouaga FM

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