MARCHE MEETING DU 4 NOVEMBRE « Justice pour nos martyrs » Chrysogone Zougmoré
"Le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP), et plusieurs organisations de la société civile ont organisé une marche-meeting ce samedi 4 novembre 2017 ici à Ouagadougou. De la place de nation à l’ex Assemblée nationale, les manifestants ont exigé justice pour les martyrs des évènements d’octobre 2014 et du putsch de septembre 2015. "
Les militants des comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP), du Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) et autres organisations de la société civiles ont pris d’assaut la place de la nation ce samedi 4 novembre pour dire non à l’impunité, à la vie chère, à la corruption, et à la remise en cause des libertés de manifestations. Mais aussi pour exiger le jugement des dossiers de l’insurrection populaire d’octobre 2014 et du putsch de septembre 2015 et de tous les crimes de sang et de crimes économiques.
De la place de la nation à l’ex Assemblée nationale, les marcheurs ont aussi réclamé l’extradition de l’ancien président du Faso Blaise Compaoré et de son frère cadet François Compaoré. Ils ont également demandé l’interpellation des chefs militaires cités dans le dossier du coup d’Etat manqué de septembre 2015.
Pour Chrysogome Zougmoré justice doit être rendue aux martyrs. « Trois ans après, rien n’est fait. Nous demandons à la justice d’accélérer les procédures afin que les victimes soit soulagées », a indiqué le président du MBDHP.
Les organisateurs de cette marche meeting ont aussi fustigé la gestion du pouvoir du mouvement du peuple pour le progrès (MPP), égrenant des points qui selon eux constitue un recul démocratique. Ainsi, le secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina Faso (CGT-B), Bassolma Bazié constate « une atteinte grave à un certains nombres d’acquis qui ont été arrachés suite à l’insurrection populaire. S’agissant des points, il cite la question des libertés de manifester, les libérations provisoires de détenus et la nomination de certains acteurs en lien avec le putsch de septembre 2015 ». En outre, Bassolma Bazié s’est penché sur la question des conditions de vie des populations. « Le travailleur burkinabé est clochardisé », a-t-il soutenu. Pour lui, la lutte continue.
La marche-meeting du samedi dernier a mobilisé du beau monde à place de la nation à l’appel des organisations de la société civile et du mouvement syndical.
PLATE-FORME D’ACTION MINIMALE
« Nous parties prenantes à la journée commémorative du 3ème anniversaire de l’insurrection et du 2ème anniversaire de la résistance populaire victorieuse au putsch du 16 septembre 2015, adoptons et prenons l’engagement de nous battre pour la satisfaction des points ci-après:
1- Vérité et justice pour les martyrs de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et de la résistance au putsch du 16 septembre 2015, indemnisation des familles et des victimes ;
2- Prise en charge effective et totale des blessés;
3- Vérité et justice sur tous les dossiers de crimes de sang impunis;
4- Identification et saisie des biens et fonds détournés par les dignitaires du régime de Blaise Compaoré et prise sans délais des mesures nécessaires en vue de recouvrer l’ensemble des fonds expatriés;
5- Ouverture de procédures judiciaires sur tous les cas de crimes économiques ou malversations révélés par les structures étatiques (ASCE/LC, Cour des comptes), de la société (REN-LAC) ou toute Commission Ad hoc officielle d’enquêtes ou d’investigation.
Ont signé : CCVC, MBDHP, CADDL, UGEB, ODJ, FRC, ARVCE, AJB, REN LAC, ABCE 16.
Aimé SAWADOGO/ Ouaga FM