COMMUNE DE BANI/ REGION DU SAHEL

" La mairie toujours fermée et deux camps à couteaux tirés ! Bani commune rurale située à environ 40 km de Dori vit une crise depuis février 2017. La mairie est fermée et le climat social se dégrade de plus en plus dans cette localité."

La crise qui secoue la commune de Bani date de 12 mois maintenant. Tout a débuté en février 2017 lorsque les députes de l’opposition soutenu par des conseillers du MPP avec à la tête le premier adjoint au maire ont déposé une motion de défiance contre le maire de la commune Youssoufa Hama Bokoum, issue du PDS/MEDBA pour absence de consultation de ses conseillers, affectation d’une mobylette de service à un volontaire, banalisation du rôle des conseillers et des présidents de conseil villageois de développement (CVD), responsabilisation du secrétaire général de la sous-section du PDS/MEDBA pour la collecte des taxes charrettes. Bani compte 113 conseillers et c’est grâce à une coalition entre le MPP et le parti du maire que ce dernier a été élu premier responsable du conseil municipal.
Le 14 février 2017, lors d’une session extraordinaire, la motion de défiance fait l’objet de vote. Mais les deux parties ne s’entendent pas sur le mode de scrutin. Les conseillers frondeurs optent pour le vote à main levée pour plus de transparence nous dis Ama Amadou conseiller UPC, auparavant maire de la commune. « Au moment de passer aux votes, la majorité des conseillers a décidé le voter à main levée mais le maire a dit non. Malgré tout on a voté et à l’issue des votes on a eu voix 79 pour et 34 voix contre, ce qui veut dire que le maire est destitué » affirme-t-il.
De son côté, le maire a exigé dans le temps que le vote se fasse à bulletin secret afin de permettre à chacun d’exprimer sa réelle volonté. « Qui peux le plus peux le moins, si quelqu’un peut lever son bras pour voter ce n’est pas en bulletin secret qu’il ne peut pas s’exprimer. Je suis resté sur ma position parce que j’ai compris que les conseillers de l’opposition ont dû intimider certains conseillers de la coalition pour les forcer à voter. Et la main levée permettra de voir qui a voté pour et qui a voté contre ». déclare Youssoufa Hama Boukoum.
Selon les conseillers frondeurs le maire a tenté plusieurs fois un passage en force pour prendre certaines décisions. Ces derniers l’accusent également de ne pas respecter ses conseillers et de mettre toutes les acquisitions de la mairie au compte de son parti.
Quant aux faits qui lui sont reprochés, le maire estime qu’il en est rien. Pour lui le problème se trouve ailleurs, « quand je suis arrivé à la tête de la mairie, il se trouvait que des conseillers municipaux de l’UPC devaient plus d’un million de FCFA a Faso Hydro(société de branchement d’eau) qui m’a demander de recouvrer cet argent afin de lui permettre de respecter ses engagement vis à vis de la mairie. C’est ainsi que j’ai demandé à chacun de payer ses dettes ». C’est le début de la crise selon ce dernier.
Depuis lors plus rien ne va dans la commune. En début d’année 2018, pour tenter de résoudre le problème au sein de la coalition MPP-PDS/MEDBA le maire et son premier adjoint issue du parti au pouvoir répondent à une convocation à Ouaga. Malheureusement les choses vont s’empirer, le climat social se dégrade. C’est ainsi que des jeunes de Bani décident de fermer la mairie. Plus qu’un problème de parti politique, la crise s’étend entre les quartiers, une situation que des habitants de Bani mettent sur le dos du maire à en croire les propos d’un citoyen qui a préfère garder l’anonymat. « Il a monté les peulh rouges contre les peulh noirs et les habitants de Gangaol contre nous, ses militants nous empêchent de prendre part aux différents marchés », martèle-t-il
De leur côté, les responsables du PDS/ MEDBA dont le fief est Gagaol disent être surpris par de telles affirmations. Le 2eme adjoint au maire indique avoir échappé aussi à un lynchage alors qu’il se trouvait dans son bureau.
Apres plusieurs démarches de part et d’autres, l’administration tente de ramener le calme. Elle saisit l’Union fraternelle des croyants de Dori pour entamer des négociations .Mais à ce niveau encore, les choses calent…les parties ne s’accordent pas sur les propositions faites. Les conseillers frondeurs exigent la dissolution du conseil municipal tandis que le maire campe sur sa position de procéder aux votes à bulletin secret.
Pour l’heure, la situation est très tendue dans la commune et nécessite une implication réelle des autorités politiques. Les deux camps se regardent en chiens de faïence en indiquant que force reste à la loi.

Aimé SAWADOGO/ Ouaga FM de retour de BANI

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